Original content, feels like fanfic
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La Fin

La Fin est le récit qui a démarré tout le reste.

Au milieu des années 2000, Pogo a eu l’idée d’écrire une nouvelle à plusieurs (ça se passait à la grande époque des forums, nous étions une dizaine de co-auteurs) : une sorte de cadavre exquis géant où chacun écrivait un paragraphe à la suite du précédent, sans aucune concertation, ni direction convenue à l’avance.

Bien entendu, c’était très foutraque, ça partait dans tous les sens et ça n’a jamais été terminé. Mais l’expérience possédait une énergie euphorisante à mes yeux rarement égalée pendant un acte d’écriture. Si la majorité des co-auteurs ont continué leurs routes (la plupart ont du en oublier l’existence), il en est toujours resté quelque chose en Pogo et moi. C’est d’ailleurs à l’issue de ce petite exercice de style que sont nés Le Comte et Bond, et cette “nouvelle coopérative” est à l’origine de pas mal de ce que vous pouvez lire sur ce site existe aujourd’hui.

Donc il est normal qu’elle y ait sa place. Pas vraiment le texte original (nous ne voudrions pas avoir d’ennuis judiciaires avec nos anciens co-auteurs), mais un nouveau récit inspiré de ces textes originaux.

DavidB

Voici donc :

La Fin

 

(les textes sont listés ici dans leur ordre de lecture)

 

C’était le dernier jour. L’amphi était plein comme rarement. Ce n’était pas que les étudiants mouraient d’envie de dire un dernier au revoir à leur professeur : c'était surtout que celui-ci ne leur avait pas vraiment laissé le choix. Il avait exigé d’eux un cadeau d’adieu sous la forme de quelques feuilles de papier griffonnées du mieux de leurs possibilités. Dans quelques minutes, le temps qui leur avait été imparti pour la chose allait être écoulé. Ils allaient enfin être libres pour plusieurs mois. Déjà, les premiers avaient commencé à sortir. Le prof était presque assoupi, comme à chaque fois ...
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La Fin - deuxième partie (si vous avez raté le début, c'est par là) La sonnerie du portable me sortit de ma stupeur : Marie voulait savoir à quelle heure je comptais rentrer à la maison, et je lui répondis qu'à l'instant était une très bonne idée. C’est au croisement de la rue de Mézières qu’elle est apparue, toujours avec le même sourire en coin, toujours avec les mêmes pointes mauves au bout des cheveux. Je voulus faire semblant de ne pas la reconnaître. Un comportement un peu minable mais bien pratique quand je tombe sur un étudiant dans des ...
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La Fin - troisième partie (ça commence là) – Et voila ! Un grand café à emporter pour mon client français préféré ! – Merci bien, et très bonne journée. répondit-il à la barista aux cheveux à pointes mauves qui lui fit un clin d’œil complice en retour. Il était maintenant question de remettre le pied à l’étrier et très vite. Pas évident avec un trou de… un coup d’œil à la date sur le stand à journaux… un trou de plus de quatre mois. Sans parler de la vingtaine d'années de souvenirs qui ne serviraient plus à rien et ...
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La Fin - quatrième partie (lire La Fin depuis le début) South Beach, Miami. Pas un de mes coins préférés : trop de frime, trop de thune, trop de pétasses… Et c’était encore moins son genre d’endroit à lui. D'ailleurs, puisqu'il avait décidé de se déplacer jusqu'en Floride, pourquoi ne pas avoir poussé jusqu'à Gainesville tout simplement ? J'imaginais que c'était pour être sûr que je sois opérationnel avant même que ne débute notre rencontre. À Gainesville, il courrait le risque de me retrouver encore en pyjamas ou planqué au milieu des alligators. Installé à la terrasse du Nikki Beach, ...
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(si vous avez raté le début, cliquez ici) Quand elle ouvrit les yeux, elle fut immédiatement éblouie par le soleil. Faut pas s’attendre à autre chose quand on s’endort en laissant les volets ouverts. Le réveil affichait 10:23. Combien de temps allait-elle tenir ainsi, avec moins de cinq heures de sommeil par nuit ? ou plutôt par matin ? Elle soupira avec un peu trop d’emphase, repoussa les draps et posa les pieds au sol. Une fois debout, elle s’étira de nouveau et remarqua qu’elle portait une nuisette de satin couleur bordeaux. Elle n’avait aucun souvenir de l’avoir mise, mais ...
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Putain quel mal de crâne ! Il s’est passé quoi hier ? Je ne me rappelle de presque rien. Des mouches qui dansent ? Un sidecar à Manhattan ? C’est quoi ce bordel ? Hep, cerveau, tu crois que c’est le bon moment pour me faire le coup des énigmes ? Le soleil pique aux yeux. Pour une fois qu’on le voit celui-là, il fallait que ce soit ce matin. Une bouche de métro. Je m’y engouffre. Le glissement de l’escalator n’est pas compatible avec l’état de mon estomac. J’essaie de faire bonne mesure, mais ça rate pas. Juste en ...
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C’était le plus odieux bouge de tout le Cambodge. Seul à une table, sous un ventilateur de plafond qui finirait bien par se décrocher tôt ou tard, l’Occidental maigrichon griffonnait dans un vieux carnet à couverture épaisse. L’établissement était presque vide. Juste une poignée d’habitués à moitié assoupis qui n’avaient nulle part où aller et qui profitaient du peu d’ombre et d’air vaguement frais que le lieu offrait en cette après-midi aussi chaude que toutes les autres. Un léger tumulte à l’entrée de l’établissement lui fit lever les yeux. Deux gamins, 7 ou 8 ans environ, venaient d’entrer et se ...
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Le téléphone sonne. Le téléphone sonne toujours quand douze de mes travaux viennent de disparaître à cause d’un bug et ça n’a pas sauvé et que trente mails de mon « patron » s'entassent dans ma boîte. Mais ce n'est pas lui au bout du fil. C'est quelqu'un d'autre. Une voix que je n'ai plus entendue depuis... Depuis la dernière fois qu'une phrase sibylline m'a été ainsi jetée au visage. — Les Gators sont bien placés dans le classement AP cette année. Ils ont de bonnes chances d’être champions. La réponse me saute aux lèvres : — Mais les sœurs ...
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La détonation fit s’envoler tous les oiseaux à bien 500 mètres à la ronde. Et pendant les minutes suivantes, les lourdes notes sortant de l’ampli Warwick s’assurèrent qu’aucun d’entre eux ne se risqua à revenir avant bien plus tard dans la journée. En ce dimanche après-midi c’était concert gratuit dans la campagne poitevine. Un concert très simple, seulement une guitare et son ampli, volume à 10, gain à 6, et pour seul public, les quelques vaches du pré voisin qui n’avaient pas la chance de pouvoir s’enfuir comme venaient de le faire tous les animaux sauvages des alentours. L’artiste était ...
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Nous tenons à remercier tous les gens qui avaient pris part à cette petite expérience il y a maintenant bien longtemps. Donc un grand merci à : Shaniah, Drago, Fred, Natha, Eltaris, Hengsen, Kibrit, Chiméric, Helkus, Myka, en espérant ne pas avoir oublié trop de monde.